April 11, 2010

I think there is something about fashion that makes people very nervous.

Pour les besoins de mon mémoire, et pour cette raison seulement…, j’ai regardé The September Issue. Je ne l’avais pas revu depuis sa sortie au cinéma. Je dois admettre que les ficelles et les carences du film m’apparaissent beaucoup plus clairement à présent.

                       TheSeptemberIssue

L’image donnée de Vogue US est extrêmement navrante. Je le lis très rarement -les couvertures, toujours trop chargées, découragent toutes mes velléités d’achat et j’ai l’impression de voir Jennifer Anniston en cover girl une fois tous les deux mois. Une rédactrice déclare justement, dans le film, qu’Anna a su anticiper la montée en puissance de la celebrity culture et l’intégrer à son magazine. C’est donc à cette stratégie mi-tabloïd, mi-glossy que l’on doit la fameuse couverture du numéro de septembre 2007, qui voit Sienna Miller et son glamour de cafétaria prendre la pose devant tout ce que Rome compte de colonnes. Sérieusement, le photoshoot de Miley Cyrus sur une terrasse du Plaza Athénée pour le dernier Teen Vogue était de meilleur goût. 

Le documentaire est émaillé d’interventions d’Anna, qui parle avec pudeur de son éducation, du rapport du public à la mode et de sa famille. Ah! La bibliothèque du salon des Wintour ne contient quasiment que des Vogue. On frôle la monomanie! Sa fille est presque trop saine pour être vraie: elle affirme avec conviction ne pas vouloir travailler dans le milieu de la mode. Ce monde, ajoute-t-elle, ne doit pas être pris trop au sérieux. Je peux me tromper, mais il me semble qu’en 2006/7, Bee a tenu une chronique dans Teen Vogue. Soit cette furtive expérience l’a dégoûtée -j’ai du mal à le croire-, soit l’équipe de relations publiques d’Anna lui a conseillé de tenir ces propos un peu rebelles, afin de prouver que Maman n’est pas l’hydre mangeuse d’âmes que l’on décrit et qu’elle laisse sa progéniture s’épanouir librement. Dans la dernière partie du film, Anna évoque sa soeur et son frère, aux professions très politiquement correctes. Son regard se voile un instant, et dans un rire amer et triste, lâche qu’ils sont probablement “amused” par son métier. Mouais. Je pèche sans doute par excès de scepticisme, mais je ne serais pas surpris d’apprendre que cette séquence “à coeur ouvert” n’a pas d’autre but que de montrer qu’Anna aussi, bien qu’admirée et respectée par des millions d’amateurs de mode, a des problèmes d’ego. Je le crois volontiers, mais ai-je envie d’en entendre parler? Non, non.

Les seconds rôles sont divertissants. Andre Leon Talley a la répartie culte (“A FAMINE OF BEAUTY! My eyes are STARVING for beauty”) et Grace Coddington mériterait son propre docu -je crois que c’est plus en moins en projet. Du reste, j’avais oublié à quel point Anna est grâcieuse. A côté de Thakoon, plutôt trapu, elle semble glisser sur le sol.

Strike a Pose

I couldn't help but wonder...