Je voue une admiration sans borne à Carine Roitfeld. Elle seule sait rendre les cernes attirantes et, malgré des tenues qui confinent parfois au déguisement, elle incarne vraiment la mode et ne recule jamais devant une création un peu extravagante -tout en restant divinement élégante, évidemment. Je l’ai vue une fois, en février 2006, à l’angle de l’avenue George V et des Champs Elysées, peu de temps avant l’ouverture du flagship Vuitton. Je ne pas devenu une fashion icon en quatre ans, mais tout de même, ce jour-là, je portais un t-shirt Guess. Bien m’a donc pris de ne pas déranger Carine, impériale dans une toute petite jupe plissée malgré le froid. CARINE!
Figurez-vous qu’elle est très sympathique -c’est ce que tout le monde raconte, du moins. D’ailleurs, pour une femme aussi sophistiquée et prescriptrice, elle a une façon de parler assez gouailleuse. Son accent anglais (épouvantable) me laisse perplexe, d’autant qu’elle a un bon vocabulaire: je suppose qu’elle donne aux Américains ce qu’ils veulent entendre. A ce propos, CNN lui avait consacré un mini-docu, dispo sur YouTube aux dernières nouvelles, complètement niais. Je vous conseille plutôt le reportage que lui avait consacré Alexandra Golovanoff dans La Blonde & moi. Je me souviens d’une petite vidéo mise en ligne par Vogue, pour annonçer la première Fashion Night Out parisienne -pendant une soirée, les principales rédactrices de Vogue se rendent dans les boutiques de luxe et rencontrent leurs lecteurs, de manière assez informelle. Cette initiative, très soutenue à New York par la municipalité, n’a pas suscité la même frénésie à Paris, en dehors des amateurs de mode. Bref, dans cette vidéo, Carine, filmée assise en majesté derrière son bureau, décrivait le Triangle d’Or: “L’avenue Montaigne, la rue François Ier, et l’avenue George V. Enfin, pas plus haut que Kenzo, je crois.” J’avais trouvé cette restriction délicieusement élitiste (et inutile), d’autant plus qu’à cette époque, je travaillais dans la partie de l’avenue que Carine avait exclue du Triangle: je l’avais pris personnellement! CARINE!
Je déplore seulement qu’elle ne réagisse pas davantage au déclin de Paris en tant que vivier de création. Wintour multiplie les projets et les aides aux Etats-Unis, rien de tel de par chez nous. C’est d’autant plus étonnant que Vogue Paris est un magazine beaucoup moins mainstream que son homologue américain et pourrait se permettre plus de fantaisie -malgré la pression des annonceurs, blablabla.
Mais le but de ce billet était de parler des enfants de Carine -je songe à transformer mon t-shirt “I have been adopted by Sandy and Kirsten Cohen” en “I want to be adopted by Carine”. Vladimir et Julia (vous saurez tout sur eux grâce à l’article du NY Mag en lien dans le titre) sont assez agaçants -ils ont un patrimoine génétique stylé, un parcours (un peu pistonné, mais c’est le monde de la mode! Pas une démocratie!) stylé et ont l’air plutôt gentil. Devinez quoi, l’été dernier, par un après-midi d’ennui et de langueur, BIM, je reçois un texto d’un de mes amis réduit en esclavage dans une boutique du Faubourg St Honoré: Carine et Vladimir venaient d’entrer, sublimes. ET PERSONNE NE LES AVAIT RECONNUS, sauf mon ami, qui n’est pas mon ami pour rien. Carine accompagnait son fils pour lui acheter un bermuda: mon coeur explose d’attendrissement. Paraît qu’en partant, elle a marqué une pause (une pose!) sur le petit escalier, s’est grâcieusement retourné et a salué le personnel. Parfaite. J’ai passé la fin de cette journée à appuyer sur les coussinets de mon chat pour faire sortir ses griffes et me taillader les bras en signe de jalousie.
C’est à peu près tout ce que j’ai à dire. Oh, une chouette photo de Julia et Carine entre deux défilés, en train de prendre le soleil.
PS: O-M-Geeee En googlant le titre de mon article pour m’assurer de ne plagier personne, bim, je découvre ce site: http://www.iwanttobearoitfeld.com/